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Quintana Roo, décembre 2025, petites déconvenues mexicaines...

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

... au gré des averses tropicales, des clims excessives, du surtourisme, et... des aléas d'Air France.



Dix-huit ans après un premier séjour près de Playa del Carmen, voici un séjour pour 12 jours dans l'est de la péninsule du Yucatan.

La fraîcheur de l'inédit, c'était avant.


Cette fois, mis à part les habituels attraits tropicaux, pas mal de diverses déconvenues.


L'Etat de Quintana Roo (du nom d'un constitutionnaliste mexicain 1787-1851) où nous sommes est en fait, une immense forêt tropicale, luxuriante, sans relief, uniforme, mais avec de beaux vestiges mayas et l'attrait de sa côte caraïbe à l'est.


Mais avec l'impression que seuls en émergent ces temples à la gloire

du commerce touristique,

les hôtels.

1- La 307


La 307, « highway » local, seule voie côtière pratique, longe à faible distance la côte caraïbe depuis le nord jusqu'à Tulum, puis en diverge ensuite vers le sud-ouest.

De fait, une voie rapide, terre-plein central souvent planté de hauts palmiers, bordée par la forêt.


Utilitaire.


En flux tendu défilent les panneaux publicitaires et les entrées des résidences hôtelières, des parcs d’attraction aquatiques.

Deux voies par sens, vitesse limitée à 100 km/h, modulée aux points de « Retorno » pour des demi-tours prudents.


Survolant les agglomérations importantes sur un viaduc urbain, elle y accède par des bretelles latérales parfois cahoteuses.

Regagner l'hôtel quand il faut la traverser à pied depuis la voie opposée est presque une aventure, en guettant un relâchement du trafic.


Seuls les véhicules se sont modernisés.


Horde rapide et mobile des « collectivos » blancs (surtout Toyota), qui déposent et prennent leurs passagers, pour des arrêts brefs, à peine protégés par l'élargissement de la voie de droite.



Environ 4 fois moins chers que les taxis, on y entre dans une curieuse et froide pénombre : la clim, et les rideaux tirés pour se protéger du soleil.


Mais c'est l'occasion d'une immersion dans la vraie vie mexicaine,


Au point de départ, patiemment, ils attendent d’avoir fait le plein de passagers avant de démarrer.


Sans en ressentir ici concrètement la menace, le Mexique des cartels et du narcotrafic n’est pas loin.


De sa guérite à l’entrée nord de Playa del Carmen, la police stoppe à son gré les véhicules puis, sans contrôle d'identité, laisse rapidement renifler un chien anti-drogue.



La garde nationale, très visible, armée, patrouille aussi sur des pickups inpressionnants.

Et là, c'est avant qu'El Mancho, baron de la drogue mexicain, ne soit tué le 22 février 2026.



2- De la climatisation et autres petits désagréments de notre résidence


Tempérer les chaleurs tropicales pour tous est un objectif des résidences hôtelières.

Avec quelques aberrations.

Spécialement lors des averses tropicales, denses et courtes où le taux d’humidité dépasse 90%, quand il fait entre 25 et 32°C dehors.


Chaque jour, une fois lavé, le sol de la chambre n'est séché que par la soufflerie de la clim.

Pratique usuelle, d'après le technicien venu réparer la nôtre.

Mais la température est réglée sur 19°C (lue sur l'appareil). Comme aussi dans les restaurants.


Un choc thermique.


Certes le sol sèche, au moins tant que soufflent les alizés et que le soleil paraît.

Sauf les jours de pluie tropicale où persiste alors un effet patinoire tenace dans la chambre.


Nous avons évité le triple salto arrière au pied du lit.


Mais pas une quasi-angine pour Marlène, qui l'a généreusement partagée ensuite,

malgré la largeur du lit king size.


L'occasion de connaître un jeune médecin local attaché à l'hôtel, qui lui prescrit des antibiotiques, mais lui proscrit les bains de mer, et les excursions en catamaran ou dans des parcs de belles promesses.





Médecin diplômé de l'Université Anahuac Mayab de Mérida (nord-ouest de la péninsule du Yucatan), c'est-à-dire de "l'Université du Mexique au Yucatan".

Car en langue aztèque, "Anahuac" signifie Mexique, et "Mayab" est le nom d'origine de la péninsule du Yucatan pour les Mayas.


Après cet intermède médical, vers quoi se rabattre en proximité?


Une possibilité, les agréments de notre beau parc hôtelier, où les vagues jouent les geysers dans les rochers creux voisins, à son extrémité sud.



mais... où des blocs brise-lames tout le long de sa plage font contraste et gênent le bain.


Amer envers du décor, ... sur la mer.



Quelles autres possibilités?


Le retour vers d'autres sites de nos souvenirs...

.


3- Deux stations de notoriété


3-1 Akumal

Presque 70 km au sud de l'hôtel, sur la 307 on reconnaît la passerelle piétonne en plan incliné qui l'enjambe.


Pratique, mais avec du vécu, mal entretenue, pittoresque de rouille qui la ronge depuis longtemps.


Des oeuvres d'art de la rue ornent les parois du pont franchissant la 307.

Agréablement inédites pour nous et très connotées culture et symbolisme mayas.



2007 : souvenir agréable d’un bain sauvage dans la baie ouverte, au milieu d’un grand banc de gros poissons blancs aux reflets dorés, et d’une énorme tortue qui broutait quelques algues du fond, accompagnée de son rémora.

Aujourd'hui, au bout des 500 mètres depuis la 307, deux possibilités d'accès à la plage.

L’une est publique qui ne mène à rien, l’autre privée et donc (modestement) payante, qui ouvre sur la belle baie.

Bien sûr la seule qui présente un intérêt.



Mais là, surprise, finie la liberté.


Jusqu'à 100 mètres du rivage, la baie est partagée par des flotteurs en parcelles marines, chacune dévolue à des démonstrations de snorkeling cadencées, pour des groupes d'une dizaine de touristes.

Tous, grands, petits, jeunes, âgés, filles, garçons, même gilet de sauvetage, même masque avec tuba prêtés, défilent et sont préparés en rang d’oignons pour voir quelques poissons tropicaux, nourris et confinés dans un périmètre de filets.



Un sommet d'industrie touristique.


Des arguments de protection de la barrière de corail sont revendiqués qui paraissent a priori honorables.

L’appât du gain massif, millimétré et sécurisé, contrepartie compréhensible pour la région, en dévoie totalement l’authenticité.

Il ne reste que l'intérêt visuel de la baie.

Sans même parler de tacos tord-boyaux,

... mais mon estomac est fragile...




3-2 Playa del Carmen


La ville a doublé sa population depuis notre venue en 2007 : aujourd'hui plus de 300 000 habitants.

La manne touristique a drainé les bras locaux depuis tout le pays. Essentiellement d'origine maya.


La ville, vaste et dense damier depuis la longue plage à l'est jusque bien au-delà de la 307 vers l'ouest, est tournée vers le tourisme, sa presque exclusive ressource.


Deux aspects contrastés :

un assez pittoresque "Centro" et la Quinta Avenida, façade touristique au caractère international marqué,

et le reste urbain, souvent de parpaings bruts, moins d'attrait, mais bien arboré, besogneux, propre, techniquement moins entretenu, avec sa multitude de commerces, d'habitations, de garages, de services.


Et coloré de ce pittoresque latino qui donnerait du caractère au moindre banal immeuble.

En bordure ouest, proche de la 307, un immense Walmart (forcément américain) alimente la foule.
En bordure ouest, proche de la 307, un immense Walmart (forcément américain) alimente la foule.

Pourtant la chaîne mexicaine de supermarchés « CHEDRAUI » est aussi présente dans toutes les agglomérations.

Son fondateur libanais en a fait une belle réussite qui étend ses emprises jusque dans les états du sud des USA.



Le "Centro" avec la place des Fondateurs conserve un bel attrait.



Nous reconnaissons son arche au lyrisme touristico-marin appuyé, le "Portal Maya", et sa pimpante petite église, au bord de l'immense plage de beau sable clair.







Depuis le "Centro" vers le nord-est, les premiers 500 mètres piétonniers de l’agréable et très urbaine Quinta Avenida (5ème avenue), parallèle à la plage déroulent tous les faciles charmes internationaux, bien marqués des tropiques mexicains.


Agréable balade.



Une forte jetée est le départ des ferries vers l'île de Cozumel en face.

Mais plus aucun paquebot de croisière, comme nous en avions vu en 2007. Progrès écologique volontaire, ou hasard du moment?



Les nombreux « collectivos » s’agitent dans tous les sens.

Seul le chauffeur semble pouvoir renseigner sur leur destination, leur point de départ, et leurs arrêts.


Dans un bus plus ancien, nous voici partis vers une plage donnée pour pittoresque, protégée de la grande foule, celle du Cap Esmeralda, 4 km au nord de la ville.
Dans un bus plus ancien, nous voici partis vers une plage donnée pour pittoresque, protégée de la grande foule, celle du Cap Esmeralda, 4 km au nord de la ville.

A pied depuis l’arrêt du bus, la longue piste vers la plage est boueuse d'abondantes pluies récentes.

Les rares voitures avancent avec précaution pour éviter d'éclabousser la carrosserie ou les piétons qui cherchent un passage au sec (nous).


Un policier dans une voiture tout terrain discute et se pavane volontiers devant l'appareil photo.




Vaste et belle anse de faciles hauts fonds bordée de palmiers. Le sable brûlant invite à rechercher une place sous l’ombre des arbres.

Peut-être plus de locaux que de touristes : sans véhicule, la recherche de « collectivos » pour le retour vers le centre ne va pas de soi.

Au final, un assez bel agrément, mais qui se mérite.



4- Nager avec les dauphins, disent-ils…


Une excursion au parc aquatique de Puerto Aventuras au sud de Playa del Carmen promettait avec un lyrisme appuyé la nage avec les dauphins, les otaries, les lamantins.

De fait, à horaires cadencés, des groupes de 8 personnes dotées d’un inutile gilet de sauvetage se tiennent en groupe dans l'eau d'un bassin sur un ponton sous-marin et assistent à trois attractions successives.


Les appareils photos sont interdits ;


sauf celui d'une photographe du parc qui accompagne le groupe pour en final tenter de vendre ses photos à prix d’or (nous déclinerons malgré une négociation serrée).


Mais Marlène, interdite de bain, a pu en prendre à distance.







Dans un grand bassin, il nous est fait une démo façon chien savant des facéties apprises par deux dauphins rieurs et intelligents, peau épaisse et dure, étonnamment lisse.


Les glacières portatives regorgent des récompenses, de petits poissons frais qu'ils avalent avec gourmandise après chaque prestation.





Ailleurs, ce sont quelques pitreries amusantes mais trop courtes d’une otarie.


Dans un autre bassin, le contact rugueux des braves et énormes moustachus mangeurs de salades et de verdures marines dans la nature, les fameux lamantins est plus rare et original.


Qui ont inspiré on se demande bien pourquoi l'antique mythe des sirènes.

Enormes masses à la grande queue plate, redoutable pour ses prédateurs.


Les deux mâles, entre 600 kg et une tonne, environ 20 ans d’âge, avalent avec une gourmandise insatiable un dixième de leur poids des ces verdures chaque jour.

Sacrés végétariens!


Amusant, plutôt instructif, mais loin d’une attente plus naturelle et authentique.


Autre exemple d’une exploitation touristique intensive, organisée, huilée.


Enfin, alizés renforcés et début d'averse, nous serons privés de cette heure promise d'une micro-croisière en catamaran (à laquelle Marlène n'aurait pu participer de toute façon).



5- Cerise sur le gâteau des aléas

Le jour même du départ, par courriels successifs chaque fois inédits mais laconiques, Air France annonce le report de celui-ci au lendemain, pour cause technique.


Sans modification bien sûr du check out de notre hôtel.


Stress. Y compris à l'aéroport de Cancun pour trouver un interlocuteur de la compagnie dans le tohu bohu,... en l'absence de comptoir dédié.

L'hébergement "de secours" est dans un hôtel au voisinage de l’aéroport, près d’un vaste Outlet.


La réglementation européenne des compagnies aériennes en cas de retard est par contre très efficace.

Pourvu qu'elles aient leur siège en Europe.




Au moins l’occasion de lire les consignes préventives en cas de cyclones (hurricanes),


mais rien ne semble prévu en cas de tsunami.




Pourtant même dans un périmètre limité, ces tropiques mexicains gardent un charme plutôt prenant.



et pour d'autres tropiques,






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