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Mexique, décembre 2025 : quelques agréments tropicaux à l'est de la péninsule du Yucatan...

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

... pour un séjour plus tranquille que prévu, dans notre résidence hôtelière et ses alentours.



Huit ans sans voyage longue distance!


Enfin la reprise, pour 12 jours dans l'est de la péninsule du Yucatan.

Et 18 ans après un premier séjour près de Playa del Carmen.

Le Mexique, épais cordon vers l'Amérique du sud, subit plus que d'autres les caprices du rageur président du nord, "el tonto pelirojo" (le rouquin idiot) comme on le surnomme ici.


Comme une conque maya, le pays tend son pavillon vers son voisin du nord, et s'embouche par la pénisule du Yucatan, entre mer Caraïbe à l'est et Golfe du Mexique (et non d'Amérique) au nord-ouest.
Comme une conque maya, le pays tend son pavillon vers son voisin du nord, et s'embouche par la pénisule du Yucatan, entre mer Caraïbe à l'est et Golfe du Mexique (et non d'Amérique) au nord-ouest.

L'Etat de Quintana Roo (nom d'un indépendantiste constitutionnaliste mexicain 1787-1851) nous accueille.


En fait, une immense forêt tropicale, inchangée, luxuriante dans son plein sens ici, sans relief, uniforme.



N'en émergent que ces temples à la gloire du commerce touristique, les hôtels.
N'en émergent que ces temples à la gloire du commerce touristique, les hôtels.

Dans le passé pourtant, d'autres hauteurs, les ancestrales pyramides mayas, dominaient la canopée., érigées notamment en hommage au soleil.

Et la dépassent encore aujourd'jhui.

Il y a 18 ans, mollet encore ardent, nous grimpions au sommet de celle de Coba.


du haut de la pyramide de Coba en 2007
du haut de la pyramide de Coba en 2007


Nous les ignorons délibérément cette fois, faute de temps...

... et surtout de souffle,


puisque dans les jardins de l'hôtel, nous nous étouffons déjà au seul fait de penser gravir ce tas de pierres...


... du haut duquel nous nargue un iguane.


Les Mayas étaient, comme les égyptiens bien avant eux, des maîtres dans la connaissance de l'astronomie.

On en retrouve des fondamentaux dans la construction et l'orientation des pyramides ; mais aussi dans leur tentative complexe et harmonieuse d'élaborer un calendrier.


Ainsi cette superbe reproduction miniature (1) de "la pierre du soleil", dont l'original (au Musée archéologique de Mexico) mesure 360 cm de diamètre et pèse 25 tonnes, pourrait être une tentative de représentation du fameux calendrier maya


D'autre y voient aussi et plutôt une imposante table à sacrifice.


Ou les deux, ou plus encore, au choix du lecteur...


(1) échelle 7/100ème, oeuvre d'un atelier de sculpteurs de pierre à ... Rouen.


1- Les cénotes, cousins de genèse de l'homme


L'immense péninsule du Yucatan est criblée de plusieurs milliers de ces mystérieux et souvent profonds petits lacs d’eau douce cristalline, les cénotes.

On en trouve même jusque dans les îles de l’arc des grandes Antilles, par exemple en République Dominicaine.


Un cénote en République dominicaine (02/2015)
Un cénote en République dominicaine (02/2015)

D'après les géologues, ils se répartissent en cercles à peu près concentriques autour d'un point situé dans le golfe du Mexique, au nord-ouest de la péninsule du Yucatan.

Car là, il y a environ 66 millions d'années, à la fin du printemps, l'astéroïde Chicxulub (nom d'un port de la zone d'impact), plus de 10 km de dimension, en provenace de la banlieue... de Jupiter, vient percuter dans un choc titanesque notre vieille planète.


L'illustratioin de gauche est extraite de la revue "National Geographic" du 24/08/2024.


Il est à l'origine de failles assez régulières dans le plateau calcaire.


Plus tard à l'ère glacière (vers -2,4 millions d'années), l'érosion de la roche karstique alors très au-dessus du niveau de la mer, a lentement créé un immense réseau hydrographique semi-souterrain,

avec la remontée progressive des eaux.

Mais il est surtout connu pour être la cause principale de la disparition des dinosaures, qui épargna les, ancêtres de nos oiseaux,...

et une partie des petits mammifères.

Libérés de l'appétit gourmand des dinosaures, ces derniers se développèrent, et parmi eux, très ultérieurement, l'homme.


Humanité et cénotes, cousins de genèse.



2- Un peu de la faune et de la flore de proximité


Les sous-bois de la forêt tropicale, humides, sombres et tièdes foisonnent de vie.

Que l’on croise avec un peu de patience.

Côté caraïbe, le plateau aux inextricables sous-bois est souvent pénétré par la mangrove,... où volettent de grands papillons bleus (peut-être des "Morphos"?).






La mangrove en bordure immédiate de l'hôtel paraît envahissante, sombre, presque inquiétante.


Mais un palétuvier en a été volontairement détourné par un excentrique jardinier,

et se retrouve tout étonné d'être les pieds au sec, plus encore dérangé de tâter le gazon.


On y rencontre aussi des familles entières de coatis.




Chapardeurs effrontés sur les balcons ou dans les poubelles des hôtels,

ils fouissent le sol humide, se chamaillent dans les arbres dans lesquels ils grimpent avec une remarquable souplesse.

Semblables à ceux que nous avions découverts au Costa Rica en 2016.


Etonnant animal, longue peluche élégante, nez pointu terminé en trompe mobile, queue souvent dressée comme celle des lémuriens.


Leur famille zoologique est proche de celle des ratons laveurs.


Long de 80 à 140 cm (la moitié pour la queue), son poids moyen est de 4 ou 5 kg.


Ses fortes griffes non rétractiles sont capables de creuser le sol, et il se déplace à la manière d'un plantigrade.

Amateur de fruits, de baies, de graines et au dessert parfois de petites souris, il est aussi bon grimpeur.

PIl se déplace dans les arbres en inversant la position de ses pattes par rotation des chevilles, beaucoup mieux que nos petits rats de l’Opéra... ce qui facilite la descente de l'arbre la tête en bas. 

Il vit en groupes de 5 à 10 individus, presque toujours des femelles (coati cougar) et de jeunes mâles.

Sa grande taille éloigne les iguanes, les chats et surtout les ratons laveurs.

Le « coati cafetière » :


L’un des plus chers cafés du monde, le café péruvien « Misha » résulte de la digestion par les coatis de grains de café à l’état naturel.


Les sucs gastriques gomment l’amertume, dissolvent l’enveloppe mais n’attaquent pas le grain, qui est lui-même indigeste pour l’animal.

Ensuite déféquées, ces graines TRES BIEN nettoyées puis torréfiées délivrent le divin nectar.

Douceur et longueur en bouche, si, si! 


A 1400$/kg, what else???


Mais en pratique, il est plus facile à la maison de placer la capsule dans son alvéole.


Ailleurs les branches, régulièrement balancées par les alizés, s’agitent soudain de brusques mouvements.

De petites familles de singes araignées (les atèles des cruciverbistes) cueillent les baies, facétieux, curieux, et infiniment agiles.


mais craintifs, jamais ils ne descendent au sol.




Ailleurs encore, des écureuils, ou le museau furtif et l’œil vif du concurrent cousin des coatis, un raton laveur, aussi coutumier des poubelles hôtelières.


Ou de tranquilles iguanes, sauriens rescapés de Chicxulub, qui savourent le soleil, ou se haussent du jabot comme ce mâle séducteur travaillé par les hormones.




Dans les fourrés, sur une branche glisse la fine et souple liane d’une sorte d’orvet, sans queue ni tête (faute d'avoir pu les distinguer dans les fourrés), à peine plus gros qu’un câble USB.



D'un beau vert tendre, il se distingue à peine de la végétation émeraude, si ce n’était l’indication d’un garde privé armé, posté à l'entrée de notre résidence, habitué à le reconnaître.

Et qui nous montre aussi, débonnaire et fier, la photo d'un long et inquiétant boa, prise sur place avec son smartphone.


La flore, dense, variée, sauvage ou entretenue, est aussi un régal visuel, heureux,

mais assez banal sous ces latitudes,

où sifflent avec lyrisme de faux merles au bec jaune, et picore un bel oiseau coloré qui n'est ni toucan, ni ara, ni sucrier... Un seul ici.


Un autre oiseau pourtant, maître de la pêche, roi des plongeurs, goulu comme Gargantua, insatiable et puissant, mérite une mention particulière.


Partout sur la côte, notamment à Puerto Morelos.




Envol lourd à forts coups d'ailes, le pélican s'élève, plane, guette d’un œil oblique l’éclat des bancs de poissons près de la rive.



puis comme un trident, plonge en piqué et gobe sa proie dans sa... blague, jusque sous les pontons.


On le croit repu.


Sur un pieu d'amarrage, le toit d'un bateau, un rocher, il lisse ses ailes étirées.


Et s’envole à nouveau en rase vague le long de la plage, pour une nouvelle pêche.


Un ballet d'insatiable.



D'autres, seniors déjà dépendants ou jeunes paresseux, guettent la générosité d'un pêcheur près de son bateau à quai.




3- La résidence hôtelière



La cambrure naturelle des hauts troncs des palmiers-cocotiers sous leur lourde et souple canopée confère une belle élégance à l'ensemble des jardins.


Parfois, un bruit sourd et sec, la chute d'une noix de coco sur la pelouse.


Le casque est pourtant inutile.

La coupe préventive des noix et celle des grands rameaux est bien organisée.


Une impression de quiétude à peine troublée par le chuintement des petits golf-cars électriques ou le "ola!" chaleureux du personnel croisé.




Petit échantillon de la variété de son cadre



Les multiples piscines, prolongées par des canaux sinueux et savamment fantasques, bordent les immeubles, agréablement.


Un cadre presque idyllique, avec en toile de fond les rouleaux réguliers de la mer caraïbe.



Sauf quand quelques couples d’états-uniens investissent les lieux en voisins sans gêne, puis, éméchés parfois jusqu’à vomir, viennent y boire leur verre d'alcool et s’interpellent bruyamment à grands « yehhhh » sonores.

Mais n'en préjugeons pas.

Ces grands-parents, Jean(?) et Nancy, venus de leur Colorado profond accompagner leurs petits-enfants dans un parc aquatique sont d'une autre et plus digne trempe, que Trump ne trompe pas..


Dans le périmètre de notre complexe hôtelier, la forêt tropicale a été préservée à l'écart de la mer.

C'est là que se trouvent la faune et la flore déjà décrites.



On y trouve même un petit cénote!



Lors d’une "excursion" carrément sur place, certains se baigneront dans son eau fraîche, avec l’impression d’avoir vécu une incroyable aventure.

Au total, si ça n’était l’absence de pyramide maya, un petit condensé du Yucatan « chez soi ».


Bien sûr on aurait préféré bien mieux, hors de ce périmètre...



4- Puerto Morelos, pittoresque tropical à bonne taille humaine


A peine 15 km au nord de notre hôtel, le village côtier de Puerto Morelos.


La barrière de corail à moins de deux cents mètres de la plage semble là intacte, et encore protégée de l'envahissement.




Trait continu d’écume blanche juste en retrait de l’horizon, on la visite avec masque et tuba.


L'enragement des alizés ces jours-là en a décidé autrement ; l’accès à la barrière est interdit.


Dommage.


Malgré les vigoureux alizés, le panorama invite à une indolente flânerie, ponctuée des envolées et des plongeons des pélicans pêcheurs, une icône du village.


Faute d'attendre la photo qui ne sera jamais celle du siècle, il faut compenser.


En se rabattant sur une piña colada sin alcohol, car il faut rester lucide.



Près de l’entrée de la longue jetée publique, un ancien petit phare au blanc fût carré gîte sur la rive comme une mini tour de Pise.


Au point d’être devenu un autre symbole amusant de la ville.



A moins de 100 mètres au sud, une autre jetée, celle-là privée, donne accès aux bateaux pour la plongée.

Le long de la plage entre les deux jetées se balancent de petits bateaux colorés.




La petite place a été aménagée il y a dix ans avec ses bancs d’un beau bleu presque turquoise.






Les trois ou quatre larges rues parallèles à la côte, bien ombragées, se bordent avec une belle diversité de boutiques clairsemées, de cafés, de petits restaurants entre lesquels s’insèrent de nombreuses habitations colorées, aérées.



Les enseignes se démarquent en devenant ici une ancienne voiture de sport, là une Coccinelle désossée, ...


... voire même en se référant à un quartier de Paris!




La palette des couleurs des façades privilégie plutôt les pastels que les vivacités tropicales des Caraïbes, avec une prédilection pour le bleu et le jaune...



... et la végétation vivace, forcément très luxuriante s'insère, envahissante, au moindre abandon d’activité et prend vite le pas en s'éloignant du centre.



Dans un café, noire façade, ouvert sur la rue, un groupe de mariachis dans leur bel habit bleu-de-prusse joue longuement des sérénades autour d'une grande tablée.

Des hommes uniquement, étonnamment sérieux, d’aspect respectable, qui écoutent, comme douloureusement fascinés. Pas une fête, une cérémonie énigmatique.



Le patron du bar ne s’oppose pas à ce qu'on prenne des photos et explique de quelle sorte de cérémonie il s’agit ... sans qu'on n'y comprenne rien.

Et l'énigme subsiste, anniversaire particulier, célébration maya, hommage à un disparu, discrète assemblée de personnalités...?.



Un couple latino danse quelques pas près d'une grande crèche de plage.


Deux jeunes amoureux savourent le moment, heureux.


Une impression bon enfant, un peu bohême, qui invite à un tranquille abandon en cette période qui est précisément celle de Noël.


Feliz Navidad!

Le village s'est décoré sans excès pour les fêtes.

Sobriété à peine démonstrative de décors naïfs, des attitudes, culture hybride entre catholicisme hispanique jadis imposé et coutumes ancestrales mayas.

Même la pimpante petite église ne déborde pas d'extravagances.


Loin de nos fêtes hyper-consommatrices.


Réalité ou illusion, on respire un reste d'authenticité, une simplicité d'un bord de mer comme il en reste peu.



Et on savoure cette modeste et souriante envolée de balade à vélo beaucoup plus qu'un trajet climatisé en limousine de luxe.

Là est notre préférence.


On sait pourtant quelle est la tendance.

Et Puerto Morelos rejoindra peut-être bientôt ses grandes voisines dans la surexploitation touristique.


Alors aujourd'hui, carpe diem,



mais pour d'autres tropiques







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